À chaque campagne électorale, on débat du nombre de fonctionnaires. On parle beaucoup moins de ce qui se passe à l'intérieur des administrations, des hôpitaux, des écoles et des universités : une souffrance au travail bien réelle, souvent invisible, et que le droit peine à saisir. C'est à cette réalité que Christelle Mazza, avocate au barreau de Paris, consacre son nouveau livre, Souffrance au travail dans le service public, fruit de vingt années de pratique judiciaire.
Pourquoi la souffrance au travail est-elle différente dans le service public ?
Dans le secteur privé, le salarié dispose d'un contrat, d'un employeur identifié et d'un droit du travail construit autour du dialogue social. Dans la fonction publique, les règles sont largement unilatérales : l'État-patron fixe le cadre, exerce l'autorité hiérarchique, et laisse peu de place à la négociation.
C'est dans cet écart que naît ce que Christelle Mazza appelle la violence institutionnelle : non pas seulement le harcèlement d'un chef sur un agent, mais une souffrance produite par le fonctionnement même de l'institution. Comprendre cette différence est la première étape pour cesser de traiter la souffrance des agents publics comme une simple question de « risques psychosociaux » à gérer par des protocoles.
Ce que vingt ans de dossiers judiciaires révèlent
L'auteure a été aux côtés des agents dans des affaires qui ont marqué l'actualité : France Télécom, La Poste, l'hôpital public, l'Éducation nationale, l'université et la recherche. Le livre en tire une analyse secteur par secteur, à partir de cas réels, qui montre comment les mêmes mécanismes se répètent d'une administration à l'autre.
Il aborde aussi des sujets que l'on évoque rarement ensemble : les atteintes à la probité, les défaillances de la justice face à ces dossiers, et le recul progressif des droits sociaux des agents.
Résister et reconstruire
Ce n'est pas un livre de constat seulement. Une partie entière est consacrée aux voies de résistance : la protection des lanceurs d'alerte, la construction d'une stratégie judiciaire lorsqu'un recours devient nécessaire, et la reconstruction du collectif au sein des institutions. L'ambition est claire : faire du travail public un véritable modèle démocratique, plutôt qu'un angle mort du droit du travail.
Pour qui ?
Les agents et cadres de la fonction publique qui vivent ou observent ces situations, les avocats et juristes en droit public et en droit pénal du travail, les représentants syndicaux, les lanceurs d'alerte, les décideurs publics et les chercheurs en sciences sociales du travail. C'est un essai de fond, de 720 pages, qui se lit aussi bien d'une traite que par chapitres, selon la question que l'on se pose.
L'auteure
Christelle Mazza est avocate au barreau de Paris depuis 2006, spécialisée en droit de la fonction publique et en droit pénal du travail. Fondatrice du cabinet Outrenoir, elle est reconnue pour son expertise en matière de souffrance au travail et de harcèlement moral institutionnel. Engagée aux côtés des lanceurs d'alerte, elle a été auditionnée en commission des lois, notamment lors de l'élaboration de la loi Waserman, et a participé à plusieurs procès correctionnels majeurs, dont ceux de La Poste et de France Télécom.
Deux livres complémentaires
- Souffrance au travail dans le service public (2026, 720 pages, 29 €) — l'essai de fond, pour comprendre les causes structurelles et les voies de résistance
- Harcèlement moral et souffrance au travail dans le service public (350 pages, 29 €) — le guide pratique, avec des cas concrets, pour reconnaître les situations de harcèlement moral, savoir comment y réagir et connaître les recours possibles
Si vous êtes agent public et que vous cherchez d'abord des réponses concrètes à votre situation, commencez par le guide pratique. Si vous voulez comprendre le phénomène en profondeur, l'essai est fait pour vous. Vous retrouverez ces deux titres, ainsi que notre guide Fonction publique, dans notre collection Collectivités.
Une question sur ces ouvrages ? Contactez-nous, nous vous répondrons avec plaisir.
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