2026 – Christelle Mazza – Format : 14 x 19 cm – 720 pages
A la faveur de chaque campagne électorale revient systématiquement, dans l’espace public, la question du nombre de fonctionnaires..
Cette propagande masque pourtant une réalité invisibilisée : les fonctionnaires sont impactés par une violence endogène profonde.
Les ressources humaines publiques sont régies par un droit unilatéral laissant une place quasi inexistante au dialogue social : il faut obéir et se taire selon des codes et une légistique bureaucratique empruntant au champ militaire.
Tout individu peut être sacrifié sur l’autel de « l’intérêt général », sous l’emprise de la fonction. La gestion des besoins de la nation par un état-major de technocrates et de cabinets de conseil déconnectés du travail réel contribue directement à la fragilisation de notre État de droit et à la hausse spectaculaire de la violence exogène.
Les atteintes à la probité sont exponentielles et banalisées.
Les droits fondamentaux, dont la santé au travail, sont perçus comme des obstacles au rendement ou des entraves, toute forme de dissidence comme un danger structurel.
Le contrôle de légalité s’est progressivement transformé en instrument de coercition et de décontextualisation, caractérisant un champ biopolitique et biojuridique de conduite des services publics et donc, de la nation.
La nature nous enseigne pourtant qu’il existe d’autres voies que l’économie de survie et l’urgence permanente. Les fonctionnaires doivent rester les garants de nos pratiques démocratiques et s’émanciper de toute forme de servitude illibérale.
Le droit doit redevenir un instrument d’émancipation.
Il y a urgence : nous sommes tous concernés.
Au sommaire (extraits) :
Préface de Christophe Dejours
Prolégomènes
. Fonctionnaire ! Fonctionnaire ! Est-ce que j’ai une gueule de fonctionnaire ?
. Fonctionnaire… Faut-il saturer ton silence ?
. L’État - L’État Saturne dévorant ses enfants
Introduction
. Qu’est-ce que le droit ? Que peut-il ?
Quelle est sa limite ? Que doit-il contrôler ?
Dans quel monde souhaitons-nous vivre ?
Partie 1. ANTHROPOLOGIE DU TRAVAIL PUBLIC : DE L’IMMERSION ETHNOLOGIQUE A LA CATEGORISATION ORGANIQUE
Chapitre 1. Les spécificités du travail public : baromètre moral et éthique des pratiques démocratiques
A. Intérêt général, souveraineté, mutabilité : l’État-patron
. De l’abstraction, comme rempart à l’arbitraire, à l’idéologie scolastique
. Incarnation juridique et aliénation politique
. De l’instrumentalisation et du détournement des forces humaines : le new public management
B. Droit et libéralisme autoritaire : l’exercice anormal de l’autorité hiérarchique au centre du management
. Clarification des notions
. Histoire du harcèlement moral : du pécher originel
. De l’individu à l’institution : la consécration
Chapitre 2. Clinique de la souffrance au travail des agents publics : de l’analyse ontique aux paradigmes ontologiques
A. Immersion sectorielle : vingt ans de pratique judiciaire
. France Télécom : le procès lazaréen
. Hôpital public : le feu qui prend
. Université et Recherche : entre tribuns de papier et précarité laborieuse
. Éducation nationale : le temps des secrets
. Pouvoir exécutif : Docteur Folamour
B. Réflexion catégorielle : de l’humilité d’une tentative de conceptualisation à l’effroi
. Les atteintes à la probité : à qui profite le crime ?
. La démission du système pénal : journal d’une condamnée
. Les défaillances judiciaires : comment sauver le dernier pilier démocratique ?
. Le démission des instruments de résolution interne : la marchandisation des émotions
. Le recul drastique des droits sociaux : du transhumanisme et de la négation du dommage collatéral
. Les mécaniques de collaboration et les défaillances individuelles : l’akrasie
. Suicide : le geste moral et politique du conflit insoluble
Partie 2. ENTRER EN RESISTANCE ET REECHANTER LE TRAVAIL PUBLIC : FAIRE DEMOCRATIE
A. Fonctionnaires : résistants de la République
. Le travail vivant public comme source de pratiques démocratiques : vers le phare
. Éveiller les consciences juridique et politique : devenir une « sentinelle système »
. Lanceurs d’alerte : quand le romantisme entre dans le champ du droit
. L’armée des ombres : protéger l’État de droit
B. Organiser sa protection et construire une stratégie judiciaire : quel est le prix de la liberté ?
. Avocate des lanceurs d’alerte : l’exil intérieur
. De l’espoir pragmatique comme chemin vers la liberté : que peut-on attendre d’une procédure ?
. Etre et Etant victime: entre ressentiment égoïste et indignation désintéressée
C. Construire de nouveaux collectifs et repenser l’institution : sortir de l’état de stasis
. Philia et Agapè : au coeur des institutions, réintroduire « l’amour »
. Révolutionner l’institution pour faire du travail public un modèle démocratique
L’auteure : Christelle MAZZA
Avocate au Barreau de Paris depuis 2006, Christelle Mazza exerce en droit de la fonction publique et en droit pénal du travail. Fondatrice du cabinet Outrenoir, elle dispose d’une expertise reconnue en matière de droits humains, de souffrance au travail et de harcèlement moral institutionnel, notamment dans les secteurs régalien et hospitalier.
Engagée de longue date aux côtés des lanceurs d’alerte, elle intervient régulièrement dans des affaires majeures liées à la probité, à l’éthique publique et à la protection de l’État de droit. Autrice de plusieurs ouvrages de référence, elle mène également un travail de réflexion et de diffusion culturelle sur les mécanismes de domination et de corruption au cœur des institutions.
. Presse du cabinet : https://outrenoir-avocats.com/category/revue-de-presse/page/3/